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MERCI...LES BELLES PHRASES
BLOG-NOTES LITTÉRAIRE d'ÉRIC ALLARD : Chroniques de livres – Formes brèves – Infos parodiques – Poésie & Chanson…2026 –
HIVERNATION LITTÉRAIRE : DANIEL SIMON EN VERS ET EN APHORISMES par DENIS BILLAMBOZ
DENIS BILLAMBOZ

J’ai réservé cette chronique pour remercier DANIEL SIMON de tout ce qu’il apporte au monde littéraire tant par l’écriture que par l’édition. Ses talents sont multiples et aujourd’hui je voudrais mettre en valeur deux formes d’écriture pour lesquelles il n’est peut-être pas suffisamment connu et reconnu.
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C’est ici
Daniel Simon
Les Carnets du Dessert de Lune

Quel plaisir de retrouver cette maison d’édition dont j’ai lu toute la production pendant plus d’une décennie et quelle production ! Que des poèmes de qualité soigneusement sélectionnés par l’ami Jean-Louis Massot. Plaisir décuplé en lisant pour ce retour des vers de Daniel Simon, un fin poète et bien sympathique ami littéraire, dont j’ai déjà lu quelques opus de belle facture.
Dans ce nouveau recueil Daniel écrit des vers pour raconter son pays, ses pays plutôt ! Catherine Van Acker a, elle, écrit : « Ici » pour dire où elle a échu, Daniel lui nous dit que « C’est ici » qu’il est né, qu’il a grandi, qu’il a vécu. Dans ses vers, il verse une bonne rasade de nostalgie en évoquant son enfance dans le pays de la sidérurgie , « … / j’en ai vu des hommes étourdis / des vapeurs d’alcool / et de fatigue du week-end / tomber tête première / dans cette fusion furieuse / sirènes mises à l’arrêt / de la vieille maison sidérurgie / … ». Il n’oublie pas non plus les nombreux moments passés dans cette campagne qu’il affectionne.
« C’est ici que lumières / et entraves s’arrachent / sans merci / au corps à corps / l’aube nouvelle / … »
Daniel raconte sa vie à travers des images, des sensations, des impressions pour se souvenir avant d’affronter la mort omniprésente dans son texte. La mort qu’il annonce en évoquant la nuit sombre nimbant ce recueil.
« C’est la nuit ralentie / elle est faite pour ça / c’est la nuit / elle n’accueille que vous / c’est la nuit / … »
Il se souvient du temps des bâtisseurs, ceux qui on reconstruit la ville massacrée pendant un conflit dévastateur, « Raconte-moi / dis rappelle-nous / les temps des villes / remontées pierre à pierre / l’œil noir des italiens / turcs berbères / … ». Il évoque ce monde dans lequel il a vécu en espérant qu’il ne disparaisse pas sous les coups de boutoir des hommes de mieux en mieux et de plus en plus armés. « … / les villes / et les campagnes / auront encore un nom /où l’homme cessera / d’être idiot et ravageur / des beautés les plus / anciennes / d’hier et du matin ».
Ce recueil riche de la musique des mots que Daniel a choisi avec grand soin, résonne notamment à travers de belles assonances comme celle-ci « Des larmes encore / ni des lames ni des armes / des lames encore / … ». Il mentionne aussi la lecture comme l’une de ses occupations préférées surtout quand la nuit impose son calme irénique: « Corps en pâte feuilletée / reliure du matin / pages cornées / de la nuit / le fil de la lecture / les yeux fermés »
« C’est ci » qu’est sa vie, pourquoi allez voir ailleurs, « Ailleurs dis-tu / ailleurs / est toujours le lieu / où ça recommence / mais tu n’en veux plus / de ces pays lointains / où mentir / est laborieux / ici suffit / pour se perdre / au détour / de sa chambre ». « C’est ici » qu’il est né, qu’il a grandi, « C’est ici » qu’il finira sa vie, qu’il lira ses derniers textes, qu’il écrira ses derniers vers…
Le recueil sur le site de l’éditeur
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Courts-circuits
Daniel Simon
Cactus Inébranlable Editions

Dans ce nouveau P’tit cactus, Daniel Simon avec des aphorismes en forme de maximes, des jeux de mots souvent littéraires, des réflexions philosophiques, raconte comment ses contemporains se conduisent mais surtout de la façon dont ils conduisent leur vie qu’ils n’apprécient guère mais ne font rien pour la changer. Dans cet opus, j’ai retrouvé la finesse d’esprit, la profondeur de la réflexion, l’habileté à jouer des mots, …, que j’avais déjà appréciées dans les recueils que j’ai déjà lus. J’ai retenu ces deux exemples que je soumets à votre appréciation :
« Croiser un regard dans la piscine et sourire entre deux eaux »,
« Une femme dans le tram qui coupe son téléphone comme on refait un lit ».
Dans ce recueil Daniel ne propose pas seulement des aphorismes mais aussi d’autres formes brèves d’expression littéraire :
– Une liste de proposition d’exemples de compromis : « Un compromis heureux, oublier »
– Quelques pages pour évoquer les seins et tout ce qu’ils procurent à celles qui les ont et à ceux qui les désirent, une véritable fête de tous les seins !
– Une série de textes courts poétiques, elliptiques, fantastiques, oniriques selon le sujet et l’humeur de l’auteur sur la question évoquée, comme ces propos ironiques pour évoquer la différence entre la littérature et cette fameuse IA que dont les médias nous rabâchent les mérites sans en voir les défauts.
– Des micro-contes, comme un exercice littéraire, pour jouer à écrire de longues, longues, phrases ruisselantes sur la page comme un frêle ruisseau dans un verte prairie.
Avec ce recueil plein de variété, Daniel propose une véritable ode en l’honneur des formes littéraires courtes quels que soient leur objet, leur intensité, leur contenu, leur longueur, leur concentration, leur attention…
Le recueil sur le site de l’éditeur

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