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"Un verger sous les étoiles"de Lorenzo Cecchi

"Un verger sous les étoiles"de Lorenzo Cecchi

 

 

 

Lorenzo Cecchi est un écrivain joyeux. Il n’hésite pas à nous inviter à le suivre dans des “conteries et menteries” tout au fil de ses livres. Certains sont plus graves, d’autres plus …gouleyants, mais chacun est un lieu où la joie rôde: dans le récit, ou dans le bonheur de le lire tout en rebondissements, dans la faconde qu’il sait si bien maîtriser comme un musicien (qu’il est par ailleurs) sait que le style fait l’oeuvre et que celui-ci ne se donne pas jamais facilement.

 

Cecchi est un humaniste ironiste, un écrivain qui trouve sa matière dans l’homme confronté aux ressacs d’une vie.

 

C’est dire que lorsque j’ai découvert “Un verger sous les étoiles”, ça a été un moment rare. Le roman, court et dense, confronte littéralement deux communautés, les vivanst et les morts, l’éternité douteuse des défunts et la force érotique des vivants quand ils ont avalé une sacrée gorge de poison, qui s’appelle solitude et mélancolie.

 

Dans le récit, deux communautés : celle des squelettes et des momies du musée voisin de l’église de Saint-Jean-Le-Décollé de Rombelle et une autre, un quatuor de veuves du hameau  Fond des Loups. On apprend que les maris ont été abattus par un bistrotier-braconnier alcoolique. Le fils, Frédéric, le seul mâle présent et assure de bien vigoureuses fonctions.

 

Un écrivain débarque dans ce monde d’isolement, Vincent Verdier, il est en panne d’écriture, harcelé par son éditeur pour terminer un nouveau roman,…

 

Les relations entre les personnages sont sourdes, en creux, sombres parfois, mais la puissance du récit d'une nouvelle utopie de Lorenzo Cecchi en fait un roman captivant. Vif, alerte, revigorant.

 

Ce livre est à placer dans la catégorie des œuvres heureuses qui sont rares aujourd’hui, même si le plaisir et la fête semblent les leitmotive de tous les communicateurs de la mondiale bêtise…

 

Un livre ne laisse que peu de traces mais celles qui demeurent sont souvent indélébiles quand elles sont fondées dans une expérience forte des jours qui se confrontent à la nuit des hommes, repliés sous leur indigence et la crainte confuse de disparaître incognito.

 

L’amour, le désir, la mort qui se maquille avec délices (et orgues) sont des matières dont l’écrivain Cecchi sait se jouer et nous faire entendre la musique intime.

 

Daniel Simon

 

Cecchi Lorenzo, Un verger sous les étoiles, CEP, 145 pages, 12euros.

Tag(s) : #Lectures

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