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« Vous m’avez fait former des fantômes qu’il faudra que je réalise »

Donatien Alphonse François de Sade

 

La photographie produit des fantômes sur les réseaux, des "Je ne saurais regarder, je ne pourrais, terrible, mon dieu, si triste,...".

Les fantômes sont faits pour nous hanter et les enfants du siècle vont se coucher avec un "like", une pause d'émotion, un terrible souci, mais ne faut-il pas " ne pas se prendre la tête"? Surtout quand elle est à vos pieds.

Revoir les images terribles qui fomentèrent l'oeuvre de Georges Bataille (Les larmes d'Eros, Pauvert) n'aura donc pas suffi? Evidemment que non, éternellement non, toujours plus, plus palpitant, en direct "death", voilà la glisse quotidienne de l'obscène.

Vincent Magos (psychanlaliste, écrivain) dans une carte blanche du Soir il y a quelques mois, soulignait le fait que nous étions peut-être "complices" du fait de regarder les décapitations de Daesch et consorts alors que nous ne le souhaitions pas (?).

J'ajoute qu'une catharsis inversée se joue alors, la réprésentation du mal ne nous fait pas ressentir "peur et pitié" (Aristote, La poétique) mais une sorte d'habituation lentement banalisée à la force maléfique (sidérante) de la propagande du mal.

La Presse se console, prend des positions, s'explique puis souvent, regrette.

"C'est terrible mais c'est de l'information, quand même, non?".

Les fantômes sont revenus, alors qu'il y a quelques dizaines d'années, dans le langage courant, l'image fantôme c'était l'image floue de la télévision avec antenne. On tapait sur le poste, on bougeait l'antenne et le fantôme avait disparu.

Je nous souhaite le même pragmatisme dans la chasse aux fantômes.

« Vous m’avez fait former des fantômes qu’il faudra que je réalise »
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