Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

J'ai l'habitude de ne pas être sur la photo. Photo de famille, de groupe ou de clan. Etrangement, je fais en sorte de ne pas être là.  Où suis-je donc pendant cet instant mémorable? Je ne sais mais souvent dans la honte de risquer d'être là, sur la photo. Alors, je me penche, vais aux toilettes, tourne la tête, regarde mes pieds. Je connais mille façons de disparaître lesté d'un corps plutôt encombrant. 

 

Ne pas être là est une chose, ne plus en être là est autre chose. Cette disparition pourrait signifier le désir de redevenir le fantôme de soi, une façon de ne pas se compromettre en s'offrant la mâchoire pendante, l'oeil vague, les lèvres brouillées. Ne plus en être là, ne plus avoir besoin de cela, ne plus se sentir de cette parade.

 

Je regarde ces photos, où je me suis laissé prendre par amitié, amour, connivence, basse vengeance, grossièreté du temps...avec souvent des frissons dans le dos. Comme si le fantôme avait pris forme momentanément. Cette sacrée photo l'a dévoilé, habillé, alourdi du temps et de l'âge, d'un corps et d'un regard, de tout ce dont se débarrassent les fantômes qui vont si librement dans les textes que nous construisons à leur usage.

http://www.lexpress.fr/culture/art/ara-guler-a-la-maison-europeenne-de-la-photographie_789590.html

http://www.lexpress.fr/culture/art/ara-guler-a-la-maison-europeenne-de-la-photographie_789590.html

Tag(s) : #Textes

Partager cet article

Repost 0