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Notes de Foire du Livre 25/02/2015

 

"Je me souviens d'hier soir, dans les ruines de Carthage ou un paysage lunaire des frères Dardenne, le site Tour et Taxi, version parking, je me souviens de la cordialité des personnes "orange" dehors qui indiquent comment s'y retrouver entre les allées, les plages d'ombres et l'eau sur ce sol dégueulasse, je me souviens de leur avoir dit "c'est un fameux bazar ici!" et ils ont opiné et confirmé en riant, je me souviens du manque total d'indication pour l'entrée de la Foire, on erre au début, on demande, on se dit que c'est pas vrai...puis on entre et c'est la Foire des éditeurs enfin. On rencontre, ça se réchauffe, on se promet que et on se jure que, on y croit et c'est ce qui compte, je me souviens des "vieux copains" que l'on retrouve et on parle du temps qui a passé, rarement de nos livres, pudeur et consentement, je me souviens des rires et des complicités avec des curieux qui s'arrêtent et regardent discrètement, puis s'approchent, je me souviens de m'être dit une fois de plus, que tant de livres assemblés, ça doit causer, peut-être que la nuit, quand tout le monde est parti, les dieux littéraires font se lever tous les personnages enfermés dans ces centaines de milliers de livres et qu'ils font une de ces sarabandes, je me souviens du prix d'entrée aussi et ...Gasp!"

 

26/02/2015

 

"Je me souviens d'un moment où le silence est tombé sur nos épaules quand les écoles sont parties, elles donnaient du sens à ce Grand Bazar, de trois jeunes filles me demandant très sérieusement: "Vous avez un livre sur le mariage forcé?", hélas non jeunes filles nous n'avons pas et nous attendons l'auteur(e) qui le fera, je me souviens d'Olivier Olivier Léon M. so qui fait des dédicaces aussi longues que ses poèmes avec un flegme qui me renvoie à ma turbulence, de Geraldine Jamart qui regarde tout cela, les livres, le monde, la lumière comme une petite fille à Noël et qui se dit "Que suis-je allée faire dans cette galère?", je me souviens d'avoir retrouvé un ami lointain, "J'étais célèbre le siècle et le millénaire derniers", dit-il en souriant en me racontant comment il dompte le temps qui passe en cultivant ses graines, en méditant et en écrivant un livre érotique, "Le plus érotique possible, lui dis-je et je prends...", on rit et il s'en va avec les livres "Soif de vie" et "Soleils sur le nihil" sous le bras, je me souviens de Jean Jauniaux, élégant et preste, qui me raconte ses carnets de "premières phrases" pêchées dans des romans improbables, je me souviens aussi dEdmond Morrel , toujours présent et de notre réflexion à propos de l'auteur et son double, de nos soliloques qui deviennent des Disputes parfois quand on est deux en Un, je me souviens d'avoir demandé à l'équipe sympa de la Croix-Rouge" Vous avez eu souvent des lancers de livres contondants, des accidents de piles qui s'écroulent?",et eux de rire et de me préciser... "la civière, c'est pour le troisième jour, la fatigue de certains, ils craquent parfois vous savez...", je leur demande alors de me réserver une place, je me souviens d'avoir joué le mourant chaque fois qu'ils passaient devant le Stand CLivres et de leurs pouces tendus vers le haut en gratitude de mes clowneries si bien mimées (je meurs assez facilement), je me souviens de la gentillesse des hommes d'accueil à l'entrée et à la sortie, je me souviens aussi de conversations plus coriaces à propos de tout ce religieux qui déborde jusque dans notre frigo et notre lit, de ces meringues de dialogues oecuméniques et des Mécréants toujours renvoyés dans la marge de notre presse si chère, je me souviens d'une conversation avec Arnaud de la Croix à propos de son dernier livre sur Hitler et la religion, dieu etc...passionnante et de sa recherche et mise au jour" de l'idée du "peuple-dieu" chez l'ogre teuton, je me souviens aussi d'avoir ressenti l'étrange sentiment que l'écriture d'une dédicace parfois ressemble à un testament impromptu glissé dans les plis du temps..."

 

27/02/2015

 

"Je me souviens de cet écrivain qui me dit dans un souffle "Mon éditeur n'est qu'un imprimeur subventionné, il ne fait rien pour mon livre, rien!", je me souviens de cette "Elégie de l'auteur" qui serait à écrire où nous parlerions de nos chers éditeurs, libraires, Ministères et autres agités devant le Tsunami, nous savons que la vague sera terrible et emportera une grosse part de ce que nous connaissons encore aujourd'hui, je me souviens de ces jeunes gens qui passent et jettent un oeil parfois sur "Les Feuillets de corde" avec un coup de coeur pour "Les enfants chiants", ils doivent se reconnaître avec mélancolie, je me souviens de celui qui avait perdu ses livres et est passé jusqu'à la fermeture à notre stand pour reprendre son souffle avant une nouvelle recherche, il les a retrouvés et, sombre, est reparti vers Verviers, je me souviens de la rencontre avec cette femme qui évoquait l'école, je lui glisse un de mes livres ("L'école à brûler") et nous parlons, nous sommes complices un bref moment et le lendemain, je la retrouve sur Fbook où nous poursuivons cette conversation, je me souviens des toilettes de la Foire où nous descendons dans le silence et la retenue et remontons dans le bruit et l'allégement, je me souviens de l'hystérie des couleurs des couvertures de plus en plus symptomatiques du déplacement du texte vers la vitrine du texte, aussi du mêlement sans tabous des éditeurs à compte d'auteurs avec les autres, Olé les confusions vous avez la parole!, je me souviens de l'absence de "bornes numériques" annoncées depuis Jeanne d'Arc, des visiteurs dans les espaces de paroles et de rencontres bien à l'avance, de leurs sages positions devant des tribunes vides, ils attendent les héros du jour, vision étrange de ces femmes et hommes qui se redressent soudain puis se penchent vers l'avant pour mieux entendre dès que les auteurs apparaissent , je me souviens de ces enfants qui courent, font "péter des ballons", dans l'allée, je leur dis devant les lambeaux de caoutchouc: "Ramassez les victimes au sol", ils s'activent en riant et filent fomenter leurs attentats sympathiques dans l'allée suivante, je me souviens des défilés de parfums d'élégantes devant notre stand et me dis que ce serait un beau sujet, cette discrète parade du musc, je me souviens de l'annonce "Chers visiteurs..." la journée est finie, et nous rentrons fourbus avant d'entendre l'innocent coup de grâce: "Tu t'es bien amusé à la Foire?".

 

Notes de Foire du Livre - Bruxelles -  2015
Tag(s) : #Articles

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